Guy Frédéricq sculpte le monde à Bram

Les Essar[t]s accueillent cet hiver l’univers singulier du sculpteur Guy Frédéricq, dont l’exposition De l’usage du monde réunit plusieurs décennies d’un travail habité par la matière, l’énergie humaine et l’exploration sensible de notre rapport au réel.

Autodidacte, Frédéricq sculpte depuis l’adolescence. Ses premières miniatures à l’opinel ont ouvert la voie à une pratique devenue, depuis plus de vingt ans, son véritable métier. Nourri par ses voyages, ses lectures, les métiers qu’il a exercés et les rencontres qui ont jalonné sa vie, l’artiste développe une œuvre profondément ancrée dans l’expérience du monde. Son cheminement se déploie hors des ateliers traditionnels : festivals, projets collectifs, collaborations pluridisciplinaires… autant de terrains où il expose régulièrement ses créations.

Travaillant en taille directe, sans esquisse préalable, Guy Frédéricq privilégie les matériaux durs — pierre, métal, bois — qu’il cherche à alléger, à épurer, à emmener vers une forme de douceur inattendue. Il assemble, juxtapose et fait dialoguer les matières pour créer des ruptures entre idéal et réalité, tout en maintenant l’harmonie des lignes. Les gestes, les outils, la poussière, les éclats : tout participe à une relation intime avec la matière, qui devient à la fois contrainte et guide.

Au cœur de cette pratique se trouve l’actualité de la condition humaine, véritable fil conducteur de l’exposition. L’artiste y interroge nos fragilités, nos élans, la capacité des êtres à se transformer. Cette quête est indissociable d’une recherche intérieure : « Je sculpte obstinément parce que je cherche la lumière, qui est peut-être un autre nom de la liberté », écrit-il en citant Shelomo Selinger. De l’usage du monde emprunte son titre à Nicolas Bouvier, dont l’œuvre accompagne Frédéricq depuis la jeunesse et incarne son désir de rester curieux, ouvert et émerveillé.

Les sculptures présentées sont le fruit de dizaines d’années de maturation, de défis techniques assumés en solitaire, et d’un dialogue constant avec l’imprévisible : une part que la matière impose, que l’artiste accueille et qui transforme la pièce autant qu’elle transforme celui qui la façonne. L’exposition se veut une invitation à partager cette métamorphose, à laisser résonner les œuvres avec notre propre « usage du monde ».

Avec De l’usage du monde, Les Essar[t]s et l’artiste offrent au public une plongée dans une sculpture vivante, robuste et lumineuse, où chaque forme porte en elle une part d’apaisement et de liberté.


Exposition visible du 13 décembre 2025 au 01 mars 2026

  • du mercredi au dimanche de 14h à 18h (fermeture exceptionnelle les 24, 25 et 31 décembre ainsi que le 01 janvier)
  • Aux Essarts, espace arts et cultures de Bram
  • Parc des Essars, Avenue Georges Clémenceau, 11150 Bram
  • Tel : 0468244066 | E-mail : culture@villedebram.fr
  • Entrée libre et gratuite pour tous
  • Vernissage le vendredi 12 décembre à 18h30